Un appel vidéo, la voix et le visage reconnaissables de votre dirigeant, un virement « urgent et confidentiel » à exécuter dans l'heure : le scénario n'a plus rien de science-fiction. Les deepfakes vocaux et vidéo donnent une crédibilité redoutable à la fraude au président qui est un sujet déjà ancien. Bonne nouvelle : des solutions assurantielles existent pour couvrir précisément ce risque, à condition de bien les identifier et de souscrire les extensions obligatoires avant tout sinistre. Voici comment sécuriser votre entreprise face à cette menace grandissante.
Cyber et Fraude : deux garanties complémentaires à connaître
Une attaque qui ne vise pas votre système informatique
Une police Cyber « classique » indemnise avant tout les conséquences d’une intrusion technique : rançongiciel, vol de données, déni de service. Dans une fraude au président par deepfake, aucun système n’est piraté : le collaborateur exécute lui-même le virement, trompé par une voix ou une image synthétique. Les assureurs qualifient cela d’ingénierie sociale : la manipulation porte sur l’humain, pas sur la machine. C’est précisément pour cette raison qu’il existe une garantie dédiée à ce risque, distincte du socle Cyber : la garantie « Fraude » ou « Détournement ». L’ANSSI définit ce type d’escroquerie comme une manœuvre visant à tromper une personne de l’entreprise pour obtenir d’elle un virement non planifié. En identifiant clairement cette distinction, vous savez exactement quelle garantie activer pour être pleinement protégé.Les bons réflexes pour bien choisir sa garantie Fraude
- Vérifier que la garantie « Fraude » ou « Ingénierie sociale » est bien nommée et explicitement prévue dans le contrat
- Mettre en place et appliquer rigoureusement une procédure de double validation humaine avant tout virement sensible
- Sécuriser la vérification des changements de coordonnées bancaires par un contrôle systématique et un contre-appel systématique
- Calibrer le plafond de garantie sur les montants réellement en jeu dans l’entreprise
Le socle Cyber et la garantie Fraude répondent à deux risques différents et complémentaires. En activant les deux, votre entreprise est protégée aussi bien contre l’intrusion technique que contre la manipulation humaine.
| Type de garantie | Ce qu’elle couvre | Deepfake / ingénierie sociale |
|---|---|---|
| Cyber « intrusion » (socle) | Rançongiciel, vol de données, déni de service | Exclu du socle de base (nécessite l’option Fraude) |
| Extension « Fraude / Détournement » | Virement obtenu par tromperie, faux RIB | Couvert si nommément prévu |
| Responsabilité Civile (RC) Professionnelle | Dommages causés à des tiers par l’entreprise | Non concerné (préjudice propre) |
Comment bien assurer votre entreprise face au risque deepfake ?
Articuler la garantie Fraude et la RC Pro
La RC Pro protège l’entreprise contre les dommages causés à des tiers ; elle ne rembourse pas les fonds que l’entreprise a elle-même virés après avoir été trompée. C’est le rôle d’une garantie dédiée, souvent nommée « Fraude », « Détournement » ou « Ingénierie sociale », qu’elle soit une extension du contrat Cyber ou une police autonome. La bonne nouvelle : cette garantie peut être intégrée sur mesure à votre couverture Cyber ou faire l’objet d’un contrat dédié, en extension pour la plupart des entreprises, ou en police autonome pour celles qui manipulent des flux plus importants. Vérifier son périmètre exact, son plafond et sa franchise permet de bâtir une couverture sur mesure, avant le sinistre plutôt qu’après.
Les critères pour bénéficier d’une couverture complète en 2026
Face à la multiplication des sinistres liés aux deepfakes, et parce que le mieux est toujours d’éviter le sinistre, les assureurs ont précisé leurs conditions d’accès à la garantie Fraude. En 2026, l’application stricte de procédures formalisées est indispensable pour garantir votre indemnisation : un protocole de vérification documenté (rappel systématique sur un numéro connu avant tout virement sensible), une formation régulière des équipes financières aux techniques de phishing et de deepfake, et des seuils de validation hiérarchisés selon le montant. Ces bonnes pratiques conditionnent l’accord de votre assureur et sécurisent votre versement en cas de sinistre.
Le règlement européen sur l’intelligence artificielle (IA Act), pleinement applicable depuis août 2026, classe par ailleurs les systèmes de manipulation et les deepfakes parmi les usages à risque pour les droits fondamentaux : un cadre réglementaire renforcé qui amène les assureurs à formaliser des critères d’exigence très stricts.
En formalisant et en respectant au quotidien vos procédures internes (double validation, rappel téléphonique systématique, formation des équipes), vous sécurisez votre entreprise et validez les conditions nécessaires au versement rapide de votre indemnisation.
Ce qu’il faut retenir avant votre prochain renouvellement de contrat
Le deepfake ne change pas la nature de la fraude au président, il en augmente la crédibilité et donc la fréquence. La bonne nouvelle, c’est que des solutions assurantielles existent déjà pour vous en protéger : il suffit de vérifier que vos garanties Fraude, Cyber et RC Pro sont bien articulées, et que vos procédures internes répondent aux exigences 2026 des assureurs.
Un audit de votre police Cyber par un courtier spécialisé permet d’identifier ces angles morts avant qu’un sinistre ne les révèle, et de mettre en place la couverture la plus adaptée à votre activité. Les équipes d’Exponens Assurances peuvent analyser avec vous l’articulation de vos garanties Fraude, Cyber et RC Pro, et vous accompagner dans la mise en conformité de vos procédures internes face aux exigences 2026 des assureurs. Contactez-nous pour un diagnostic de votre couverture et bâtir ensemble la protection la plus adaptée à votre entreprise.
